30 juillet 2008

Lisez l'Uomo Vogue, plantez un arbre

Plantez un arbre, d'une, pour compenser celui qui a été transformé en exemplaire de l'Uomo (10 kilos de papier), de deux, pour célébrer la beauté du n° 392 et de ses deux suppléments, qui transpirent la classe, la flamboyance italienne et l'amour des vêtements.

Disponible dans certains kiosques parisiens (dont celui situé à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue de Turenne). Aucune idée pour la province.

28 juillet 2008

Culture/Style/Opinions/Sexe/Bullshit

"Les costumes bien coupés de Richard Gere, dans Amerian Gigolo (1980), c'est lui. Ceux de George Clooney, Brad Pitt & co dans Ocean's Twelve, pareil. Et ceux de Colin Farrell et Jamie Foxx alias les deux Flics à Miami, aussi. En matière de chic masculin, personne ou presque n'égale Monsieur Armani."

"A plus d'1,50 euro le litre, le mazout rejoint la liste exclusive des signes extérieurs de richesse comme les montres Patek Philippe ou les pompes en croco Berlutti."

GQ n°6 (août 2008), p. 29 et p. 146

Erreurs, coquilles, assertions venues d'une autre dimension, etc. Six mois après le premier numéro, le festival continue.
Je crois que la rédaction française de GQ n'a toujours pas pris conscience de l'héritage qu'elle se devrait d'honorer.

26 juillet 2008

Cintrage sternal

Le placement du bouton de taille d'une veste est d'une importance capitale pour l'équilibre de la silhouette.
Les tailleurs estiment en général que ce bouton doit être placé quelques dizaines de millimètres au-dessus de la taille naturelle.

Une minorité de créateurs ne s'en tient pas à cet usage et prend le parti de placer le bouton en question plus haut vers le sternum.
J'ai découvert aujourd'hui que c'est notamment le cas de Stanbridge (maison surtout connue pour ses chemises "tendances", c-à-d à col haut et à boutonnières, surpiqûres & Co. de mille couleurs).
On trouve des exemples assez parlants ici et sur la boutique en ligne de la marque.

Le problème, c'est que tout le monde ne s'appelle pas Ozwald Boateng, qui est à ce jour l'un des seuls, si ce n'est le seul, à pouvoir se permettre cette originalité avec un résultat parfait.

On observe ainsi très clairement sur les exemples en lien que chez Stanbridge le (pseudo)cintrage est placé beaucoup trop haut, au niveau des côtes sternales.
Au-delà du non-sens que cela constitue (puisque le cintrage est par définition un ajustement du vêtement au niveau de la taille, qui est la partie la plus étroite du torse), cette coupe confère un effet juponné hideux au bas de la veste et raccourcit le torse.

En bref, ça craint.

Et si certains estiment que j'exploite ici une quelconque mauvaise impression liée aux photos, peut-être guère avantageuses pour Stanbridge, je les invite à cliquer ici ou . Mêmes causes, même effets.
Pour l'anecdote, lorsque j'avais demandé il y a quelques mois chez Alessandro pourquoi les boutons étaient positionnés si haut, on m'avait répondu : "C'est pour le cintrage". Ach so...

20 juillet 2008

Bogosse inspirateur

J'ai été voir récemment se qui se faisait de neuf chez le chemisier américain Bogosse, qui se trouve à mon sens au sommet de la pyramide des créateurs de chemises casual/originales, notamment en termes d'innovation.

Ce n'est pas toujours très bien vu, mais j'applaudis la volonté de réinventer la chemise.

(Crédits photos : Bogosse)

Au-delà de ces détails qui seront sans le moindre doute repris prochainement par des fabricants plus connus chez nous (pour certains éléments, c'est d'ailleurs déjà fait), deux coups de cœur à signaler : les modèles "Eli 3" et "Boka 4", qui semblent tout simplement sublimes.

16 juillet 2008

En toute circonstance

Ozwald Boateng a au moins une religion, celle du costume-cravate flamboyant.
Et même à Abuja sous les latitudes nigérianes, les Berluti dans la boue pour une opération de jardinage caritative, il ne la renie pas.

(Crédits photo : Samir Hussein/WENN)

15 juillet 2008

Le sens de l'événement

Par un curieux hasard, alors même que j'ai publié dimanche un billet sur les différents types d'épaules, j'ai constaté hier que la veste Emanuel Ungaro portée par Kad Merad lors de sa lecture du Préambule de la déclaration universelle des droits de l'Homme était pourvue des très singulières épaules napolitaines.

Pourtant, Kad n'a me semble-t-il ni un corps d'athlète, ni une prestance à tomber parterre. Or quand on n'a ni l'un ni l'autre et que l'on revêt une veste pareillement taillée, on est voué à avoir une allure complètement fanée.

Mais j'imagine que lorsque l'on s'adresse à un parterre de personnalités politiques mondiales, devant la tribune présidentielle, le jour de la fête nationale, pour lire un texte aussi fort en direct à la télévision, et que l'on se présente avec un col de chemise ouvert et une cravate déserrée façon after-work parisien du jeudi soir, on est déjà loin de ce genre de considération stylistique.

13 juillet 2008

Epaule contre épaule

Les épaules comptent parmi les parties les plus importantes d'une veste.
Comme le remarque Michael Anton dans son petit traité, elles dominent l’apparence et donnent le "la" de toute la structure de la veste (à peu de chose près).

Grosso modo, on distingue généralement deux types d’épaules : l’épaule napolitaine et l’épaule structurée (souvent appelée "romaine").

Il est communément admis que l’épaule napolitaine – qui est, ou plus exactement était, une spécificité des tailleurs napolitains – est une épaule avec peu ou pas de padding, au tomber naturel, montée sur des vestes déstructurées. Mais en réalité, l’épaule napolitaine est multiple.

La plus connue est en effet celle sans rembourrage et qui suit la ligne naturelle de l’épaule, avec une tête de manche conventionnelle, ou bien une tête de manche dite "spalla camicia" (littéralement "épaule chemise", un peu plus prononcée).
C’est un montage que je n’apprécie que modérément. A mon sens, l’un des intérêts principaux d’une veste est de garantir une carrure masculine et l’épaule napolitaine ne donne aucun coup de pouce à ceux qui ne soignent ni leurs deltoïdes, ni leurs trapèzes.
Cette épaule-là, très rare en prêt-à-porter, se retrouve notamment chez Kiton (photo des quatre beaux gosses du haut) et Cesare Attolini.

L’autre épaule napolitaine est reconnaissable à sa tête de manche hypertrophiée, montée "con rollino" (photo de gauche, © La Vera Sartoria).
Inutile de préciser que ce type d'épaule n'a pas non plus mes faveurs, puisque je trouve le fameux bourrelet de la tête de manche (souvent froncé et considéré à tort comme un indice de mauvaise qualité de la veste) relativement inesthétique.

Pour ceux qui veulent en savoir davantage sur la technique de la napolitaine, je recommande la consultation de l’article séminal de l'inévitable Michael Anton, qui est une référence (l'article comme son auteur, d'ailleurs).


L’épaule romaine (là encore, ce nom ne reflète plus nécessairement la réalité) est quant à elle une épaule au padding plus ou moins généreux, mais en tout cas plus travaillée et virile que l’épaule dite napolitaine.

L’épaule structurée – qui fait autrement plus soigné que la napolitaine – est celle qui a la faveur de la plupart des créateurs italiens et français (Brioni [photo de droite], Versace, Dior, Lanvin & Co.) et donc de ceux qui les copient, ce qui fait in fine beaucoup de monde.

Il va sans dire que le padding doit être impérativement adapté à sa morphologie. Pas d'épaulettes volumineuses pour ceux qui sont déjà bien bâtis : l'époque des power suits est révolue depuis 20 ans.

12 juillet 2008

Armani en petite forme

Le couturier italien Giorgio Armani s'est vu remettre le 3 juillet dernier les insignes d’Officier de la Légion d'honneur de la part du Président de la République.

Col de chemise, nœud de cravate, épaules, revers et boutonnage de la veste ; j'ai été plutôt étonné de tout trouver atrocement mal foutu dans sa tenue.

Ça n'empêche pas le maestro d'avoir de beaux restes, comme l'on pourra d'ailleurs, je le suppose, s'en rendre compte très prochainement lors de la sortie de "The Dark Knight - Le Chevalier Noir" au cinéma.

5 juillet 2008

Les soldes bon marché

Ce qui est remarquable avec les soldes, c'est que pendant quelques semaines les gens ont tendance à perdre tout leur bon sens, et surtout parfois toute dignité. Mais dans ce domaine, les magasins aussi font très fort. Certains d'entre eux soldent tout, y compris leurs valeurs, qu'ils entretiennent pourtant à coups de millions.
Bel exemple - mais regrettable - avec le Bon Marché, qui se veut traditionnellement si haut de gamme, raffiné et exclusif. Tout ce que j'y ai vu ce matin au coin chaussures pour homme est un vulgaire souk, où s'entassaient pathétiquement des restes de Church's, StefanoBi et Fratelli Rossetti sur des étales minables. On se serait cru chez Zara après le premier rush.

Je suis certain que les fabricants qui confient la commercialisation de leur produits de luxe à cette enseigne seraient ravis de constater de quelle manière on y vend en période de soldes.
Que le Bon Marché fasse -80% sur son image, c'est une chose, mais qu'il en fasse autant avec les marques qu'il propose, c'est plus problématique.