1 février 2009

Patines

Les patines, qui étaient jusqu'à il y a peu l'apanage des belles italiennes et des anglaises de 20 ans d'âge sont de plus en plus en vogue.

L'un de mes précédents billets en est une illustration, mais l'apparition de patines - d'origine - sur des souliers bas-de-gamme (à moins de 130 €, soit juste au-dessus des immondices que chaussent 90% des hommes) en est une autre encore plus significative.


En termes de patine, comme souvent il y a deux écoles.

La première est celle de la patine nécessairement naturelle, fruit de décennie(s) de port et de bichonnages au coin du feu. Mais ça, c'est la patine qui est par la force des choses interdite aux moins de 25-30 ans.

Ceux qui ne veulent pas attendre d'être à la retraite pour porter des chaussures ayant du cachet, ou ceux qui recherchent quelque chose de plus exubérant que le patinage naturel du cuir, préfèrent la patine artificielle réalisée en usine (le plus souvent chez les chausseurs italiens) ou après l'achat (par le commerçant - ou son sous-traitant -, ou par un tiers spécialiste).

Ce type de patine n'est pas foncièrement vulgaire, contrairement à ce que racontent certains.
Il est simplement moins noble.


Concernant la présence de plus en plus importante de souliers à moins de 150 € patinés en usine, il faut dire clairement que ces patines ne valent pas celles dont bénéficient des modèles plus chers. Le travail est sans finesse, voire carrément dégueulasse, et mal pensé. L'expression "patinage artificiel" prend ici tout son sens.

La crainte, c'est que l'élargissement à la gamme de chaussures à moins de 130 € soit le signe avant-coureur d'une déferlante de pseudo-patines sur le prêt-à-porter de masse (semelle en plastique soudée à une tige en "cuir" de 5ème choix) qui vienne ruiner le brin de distinction qu'offrent de belles chaussures patinées par le temps ou par des artisans doués.

Qui vivra verra.